Tout le monde commente et personne n’agit

Chroniques à la noix. Nombrilisme. Etalage de la violence. Vue plongeante dans les décolletés. Dérive quotidienne de l’insignifiance, reportages creux, le tout faisant partie d’un torrent d’informations de plus en plus inconsistant. Pour tout dire, tout le monde ne voie pas les mêmes choses; nous nous bornons le plus souvent à lire les étiquettes collées sur les rumeurs. C’est une époque qui se satisfait du complot. On préfère la dispute à la discussion.

Le sens de l’honneur a disparu et seul le culte de l’argent prédomine. Nous sommes passés de la démocratie à un régime oligarchique qui vénère la puissance de l’argent. Les citoyens finissent par devenir avares et cupides ; ils louent le riche, l’admirent et le favorisent. Cette pseudo-démocratie est illusoire et la ruse du système consiste justement à jouer sur cette ambiguïté, donnant à croire que vous n’êtes pas stupide, que vous contrôlez votre vie, et que vous avez un libre-arbitre tout en mettant systématiquement en place des stratégies contraires. Le sondage politique ne fait qu’amplifier les effets de démagogie. Les instituts de sondages ont transposé le marketing économique dans la politique, pour fabriquer un électeur qui n’est qu’un consommateur d’idées reçues. Les politiques sont devenus des mercenaires du capital grassement payés et font ce que leurs maîtres attendent d’eux. Le principal souci n’est plus de fournir du travail, mais de faire consommer. Tout le monde n’est pas travailleur, mais nous sommes tous des consommateurs.

La vérité, c’est que ce cirque ne fait que déshonorer la mission de la politique elle-même et son crédit. On cause en évitant tout ce qui a de l’importance. On alimente massivement le mental en créant une agitation constante qui empêche par avance toute réflexion, pour se cantonner dans des banalités à longueur de temps.

B.B  © Strasbourg le 14/11/14

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Il faut être incisif pour éviter toute confusion

Si le bon sens prenait le dessus des idéologies et des convoitises, les événements actuels n’auraient pas lieu. On ne peut pas d’un côté réclamer et profiter de toutes les largesses qu’offre une société et de l’autre vouloir la détruire. Il faut être un peu cohérent, il faut rassembler, travailler, beaucoup travailler, et beaucoup réfléchir pour construire. Lorsque l’on veut bâtir une maison, cela se passe d’abord sur le papier, par les plans, et lorsque les plans ont été affinés, qu’ils sont en équilibres, la construction apparaît. C’est simple, dans une démocratie, lorsqu’il y a une décision à prendre, elle devrait toujours se faire dans un but communautaire, et non pour satisfaire une idéologie ou un quelconque corporatisme. L’évolution d’une société dépend de ce que l’on se fabrique tous les jours. Elle ne se fait pas dans une grande envolée émotionnelle et dévotionnelle, elle se fait dans pleins de petites choses qui paraissent insignifiantes. Un peuple vit avec des réalités, et pas avec des promesses.

La droite, la gauche, le centre, les extrêmes qu’est-ce que cela à avoir avec la démocratie. Rien, seul le bon sens peut mener vers le but à atteindre. Le bon sens n’a aucun contenu idéologique. Le bon sens n’est pas une religion et n’est pas non plus redevable d’une science. Le bon sens est fait de conclusions élémentaires tirées de l’expérience humaine : Ne mettez pas vos doigts dans le feu, suivez de préférence la ligne droite, ne taquinez pas les chiens méchants… et cætera, et cætera. Dans un milieu social stable, le bon sens se révèle suffisant pour faire du commerce, soigner des malades, écrire des articles, diriger un syndicat, voter au parlement, fonder une famille, croître et multiplier.

Il faut être incisif pour éviter toute confusion : le bon sens n’est pas le sens commun. Le sens commun regorge de représentations idéologiques, comme il regorge de toute une mythologie.

Le bon sens est très modestement une intelligence tournée vers l’action, dont l’appui est l’expérience. Par contre le sens commun lui est une référence à l’opinion collective, aux préjugés d’une époque, à ses croyances, ses mœurs, ses habitudes, son mode de vie et ses préjudices. Il est donc indispensable de remettre en cause ces soi-disant évidences du sens commun.

Soyons francs et honnête, nous sommes dans une époque bien sombre et nous avons déjà vu à quel point la postmodernité incline à l’ignorance, et se repaît de la bêtise, quand elle n’y incite pas directement, car ce qui importe, ce n’est pas ce que le peuple pense, mais ce qu’il dépense. Il suffit de bien lui faire comprendre que le savoir est tellement obscur pour lui, qu’il n’appartient qu’à une élite triée sur le volet, et que la masse n’a qu’à se contenter de sa condition.

B.B  © Strasbourg le 9/9/14

Voyez également: Le guide du bon sens

 

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Les fous de Dieu

Si vous voulez détruire le discernement des hommes, bombardez-les en permanence avec de l’émotionnel, cela les jettera dans la confusion. Si vous le faites de manière constante, à l’image d’une société déracinée, gaspilleuses, inégalitaire, superficielle et moralement décadente, la propagande intégriste fera le reste, et  vous n’aurez plus qu’un troupeau d’esprits confus, très malléables et faciles à suggestionner. Il faut reconnaître qu’en un siècle d’exploitation effrénée des ressources, de manigances, de guerres, l’Occident a finalement produit un peu partout en réaction de l’intégrisme.

C’est dans cette confusion que la religion entretient l’idée de Dieu. Le musulman regarde les sourates du Coran comme un texte sacré qui est la révélation faite à Mahomet. Le chrétien révère les Évangiles et la Bible, le juif ne voit que par la Bible et ne reconnaît pas l’autorité du Nouveau testament. Ils se nourrissent en exploitant une logique de la fragmentation. Une fois que leur logique de la séparation des cultures et des coutumes est posée, il ne leur reste plus qu’a prendre les armes pour faire la guerre sainte. L’occident a implicitement contribué à propager une vision du monde dans laquelle seul le retour à une règle religieuse stricte peut être une alternative crédible contre l’influence occidentale. Le résultat, c’est qu’aujourd’hui, le Moyen-Orient, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Iran et maintenant l’Irak sont minés par des factions islamistes fondamentalistes. Au point que les musulmans démocrates les plus modérés sont complètement dépassés par un extrémisme radical qui prônent l’application stricte, pure et dure de la Charia.

Ce qui fait la force de l’intégrisme, c’est de dénoncer la compromission et la corruption morale de la communauté à laquelle il appartient. Ce qu’ils veulent, c’est une réforme des mœurs dans le respect des interdits et des prescriptions du code religieux. L’intégriste est toujours un réformateur, son idéalisme, il ne l’emprunte pas à une vision humaniste à portée universelle, il le tire d’une interprétation de la religion « originelle » qu’il faudrait selon lui restaurer. D’ailleurs on se demande vraiment où est la spiritualité là dedans. Derrière cette pensée fanatique, il y a juste une mentalité rigide qui ne parvient pas à s’ajuster à la compréhension de notre époque actuelle et complexe. Les fous de Dieu appliquent un schéma brutal, sans parvenir à nuancer leurs interprétations. Persuadé d’avoir toujours raison, ils se font fort d’exprimer leurs vues de manière agressive. La ferveur intégriste ne laisse aucune place à celui qui revendique l’incroyance, où qui se poseraient en agnostique, elle cherche à convertir incroyants, païens et infidèles. Elle se voit porte-parole de la « Vérité » absolue émanant de Dieu. Leurs logiques ne sont jamais très loin du principe de la purification ethnique.

B.B Luçon 13/8/14

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